Le football français épinglé par l’Union Européenne

Le football français a vécu une semaine difficile en se faisant "reprendre de volée" par l’Union Européenne sur le dossier de la cotation en bourse des clubs de L1 et peut être sur un autre dossier des publicités liées aux sociétés de pari en ligne.

Tout a commencé avec la volonté de Jean-Michel Aulas (JMA) d’ouvrir son capital aux actionnaires. Celui-ci s’est vu signifié un refus ferme et définitif de la part de la ministre des sports, Marie-Georges Buffet. Rien de vraiment très surprenant de la part d’une femme dont les convictions politiques sont plus proches de Marx que de Keynes.

Loin d’être affecté par ce refus, JMA - dont on connaît l’entêtement et cela ne doit pas être considéré comme un défaut - effectue donc un recours auprès des instances européennes. Celui-ci est suivi dans son action par une poignée de présidents de club de L1.

Finalement, JMA and co obtiennent gain de cause. Ainsi, dans une décision prise le 14 décembre 2005, l’Union Européenne oblige la France à se mettre en conformité avec les règles européennes. Jean- François Lamour, ministre de la jeunesse, des Sports et la vie associative, a présenté au conseil des ministres un projet de loi permettant "aux clubs sportifs professionnels français de faire appel à l’épargne public". Le processus semble donc bel et bien lancé pour permettre aux clubs français d’être côté en bourse.

A côté de cela, la L1 suscite la controverse au sujet de la publicité des sociétés de paris en ligne. En France, les paris sportifs sont le monopole de l’Etat via la Française de Jeux (Fdj). Certains clubs de L1 ont eu l’outrecuidance de se faire sponsoriser par des sociétés de paris en ligne. La Fdj ne reversant pas d’argent aux clubs de L1, on peut se demander si ces clubs français n’ont pas délibérément fait appel à ses sponsors dans le but de négocier une forme de rétribution de la part de la Française des Jeux. Bref, pour en revenir à ce qui me préoccupe ou plutôt à ce qui préoccupe la Fdj, l’attitude de ces clubs a eu le don d’hérisser le poil de cette dernière. La Fdj a donc décidé de poursuivre une société de paris en ligne au motif que cette société porte atteinte au monopole sur les loteries (et sur les paris sur les courses de chevaux). Ce dossier sera traité le 18 octobre 2006 par la Commission européenne qui devra établir si la législation française est conforme au droit européen.

Ces 2 affaires ont tendance à montrer que la France serait un pays quelque peu rétrograde motivé par un protectionnisme - envers le consommateur, bien sûr - dont j’avais la naïveté de croire qu’il ne pouvait plus exister dans un monde libéral.

Les clubs français avaient déjà toutes les peines du monde à s’en sortir financièrement et à attirer les meilleurs joueurs européens - la DNCG veillant au grain sur la santé financière des clubs de L1. Si en plus, les clubs français ne doivent pas être aidés financièrement par tel ou tel sponsor (à l’exception de certains sponsors comme la Fedcom Invest ou Khalifa dont l’origine des capitaux était assez opaque), les difficultés des clubs français seront bien plus grandes.

Alors, loin de moi l’idée de vouloir politiser le football mais le fait de ne pas pouvoir être côté en bourse et de ne pas pouvoir être sponsorisé par des sociétés de paris en ligne contribuent à diminuer les ressources des clubs de L1. Cette diminution de ressources a pour effet de rendre plus difficile la venue de grands joueurs européens.

Toujours est-il que ces 2 dossiers ne sont pas les plus préoccupants pour la L1. Je préférerais très sincèrement que l’on s’intéresse à une harmonisation sociale et fiscale dans l’Union Européenne afin que les clubs de L1 soient sur un pied d’égalité par rapport à leurs voisins européens.



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